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Les cosmaunotes ne font que passer

Gueorguieva Elitza

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Les cosmonautes ne font que passer de Elitza Gueorguievu, Folio 2016


« Ton grand-père est communiste. Un vrai, te dit-on plusieurs fois et tu comprends qu'il y en a aussi des faux. C'est comme avec les Barbie et les baskets Nike, qu'on peut trouver en vrai uniquement si on possède des relations de très haut niveau. Les tiennes sont fausses. Les Barbies, tu t'en fous, sauf que Constantza on a une vraie et ça te rend un peu furieuse...»


À travers le regard plein de naïveté d’une fillette de sept ans, le lecteur assiste à l'évolution de la Bulgarie, du communisme à la transition démocratique qui ne tiendra guère ses promesses. Sur dix ans, on suit notre petite héroïne qui grandit avec les références liées à l'ouverture progressive de son pays.


Enfant, son modèle sera celui fourni par l'URSS : Youri Gagarine. Adolescente, elle se tournera vers l'Ouest avec le torturé Kurt Cobain.

Le regard enfantin permet une bonne dose d'humour pour raconter des situations qui sont loin d'être drôles !

Ainsi elle pense que ses parents s'enferment dans la salle de bain, pour se raconter des blagues, n'ayant aucunement conscience du système de surveillance du régime bulgare.


À travers son quotidien, son désir de devenir cosmonaute, puis son attirance pour la mode punk, on décrypte la difficulté d'un pays dans son entier :  la pénurie, les suspicions, les risques d'arrestation, les privilèges de certains.


D'un point de vue littéraire, l'autrice mise largement sur le comique de répétition.

Écrit à la deuxième personne, le texte est celui de la fillette dont le grand-père est perpétuellement désigné sous la formule « ton grand-père communiste ». Les interventions de la mère de  famille sont tout le temps ponctuées du nombre, toujours important, de cigarettes qu'elle a fumé avant et après. 

Les hommes d'État sont désignés avec leur titre complet : « le secrétaire général du Comité central du Parti communiste bulgare et président du conseil de l'État de la République populaire de Bulgarie, le camarade…. »


Ce petit roman est très habile, toutes les ambiances sont perceptibles entre les lignes, des restrictions aux désillusions.

Ces dernières étant notamment symbolisées par le goût du McDo " pas si bon que ça. "


Les cosmonautes ne font que passer bénéficie également du fait d'être un roman court. Effectivement le comique de répétition pourait finir par être lassant, comme la naïveté parfois loufoque de la fillette qui peine à changer de ton à l'adolescence. Ainsi ce roman reste plutôt agréable à lire jusqu'au bout.

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