De l'autre côté de la vie
Hiumbert Fabrice
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Calman Lévy, 2025
« Un homme parle. Il raconte sa fuite hors de Paris, avec ses deux enfants. La ville en proie à la guerre civile, est en feu. Il veut rejoindre une république du Jura sans doute illusoire. Dans un pays dévasté par le conflit, sa seule mission doit être de préserver les siens de la cruauté. »
Cette dystopie a plus la forme d'un conte que d'un roman. Le narrateur nous décrit sa fuite de Paris avec ses deux enfants. La ville est aux mains des pillards, les « rouges » ne vont pas tarder à donner l’assaut. Le chemin pour trouver la République Libre du Jura, dont il ne sait pas si elle existe vraiment, va être long et périlleux. Ce voyage, autant géographique qu’intérieur sera ponctué de rencontres. Celles-ci, tour à tour cruelles ou belles nous interrogent sur l'état du monde.
L'histoire nous tient par le suspense. On a très vite envie de savoir comment le pays en est arrivé là. Dans ce domaine, cela reste très flou. On comprend que la fracture entre pauvres et riches s'est irrémédiablement accentuée au point que les manifestations se sont transformées en émeutes avant de faire basculer la France dans une véritable guerre civile.
Les descriptions sont effrayantes parce qu'elles nous parlent d'un environnement qui nous est connu mais le propos dans son ensemble reste trop philosophique.
Les considérations sur l'âme humaine sont intéressantes. L'absence de loi révèle les monstres et la violence se déchaîne. Au milieu du chaos, des îlots de solidarité peuvent se faire jour et des liens se tisser entre les gens d'un monde différent.
Malgré tout, l'histoire se noie dans des généralités empêchant le lecteur de s'attacher au personnage.
Ne reste que l'envie de savoir si la quête du héros est une chimère ou non. La République du Jura existe-t-elle ? La capitale va-t-elle être prise ? Au-delà de ces questions, parfois le propos dérange.
L’amalgame entre pillards et ceux que l'auteur nomme les « rouges » laisse perplexe.
Tout conte possède une morale et celle qui semble être proposée ici ne nous plaît guère, tant elle paraît désespérément individualiste !
