Parcours spécial "Oscar Wilde"

dans les quartiers chics !

Une expo...
Exposition «Oscar Wilde, l'impertinent absolu» au Petit Palais

Exposition «Oscar Wilde, l'impertinent absolu» au Petit Palais, avenue Winston Churchill 75008 Paris.

Ouvert du mardi au dimanche (10h-18h)

Nocturne le vendredi jusqu'à 21 heures uniquement pour les expositions temporaires.

 

Tout d'abord le lieu de l'exposition est très beau. Avec le Grand Palais et le pont Alexandre III,  le Petit Palais forme un ensemble conçu spécialement pour l'exposition universelle de 1900. Il a été ensuite converti en musée des Beaux-Arts en 1902. La balade entre les murs du Petit Palais vaut en elle même le coup.

Bon à savoir : les expositions temporaires sont payantes (plein tarif 10 €, tarif réduit : 7 €) mais l'accès aux collections permanentes est gratuit.

 

Pas facile de faire une exposition sur un écrivain. Celle-ci est plutôt réussie. Il faut dire qu'Oscar Wilde avait plusieurs cordes à son arc et qu'il y a «de la matière» à exposer !

 

- Quelques toiles et les commentaires qu'il en a fait,  puisqu'il a été critique d'Art.

 

- Les manuscrits de ses pièces, de ses contes...

Les illustrations de ses manuscrits, notamment de très belles estampes d'Audrey Beardsley (illustration pour Salomé 1894).

 

- Des caricatures représentant Oscar Wilde.

 

- Les affiches de ses pièces.

 

- Les photographies d'Oscar Wilde prises par Napoléon Sarony à New York en 1882.

 

- Les archives de son procès.

 

Pour moi,  Oscar Wilde restera avant tout un esthète qui s'est plongé corps et âme dans le plaisir en refusant tout code moral ou religieux. Un bel esprit libertaire malheureusement rattrapé par la loi de l'époque et emprisonné pour « mauvaises mœurs ». Un maître dans l'art du bon mot  : "dire d'un livre qu'il est moral ou immoral n'a pas de sens. Un livre est bien ou mal écrit, c'est tout !" ou encore "le seul moyen de se délivrer  de la tentation, c'est d'y céder !"

Une librairie....

Après l'expo, il vous faudra braver le vent de nos grandes avenues chics. Dans le coin il y a de beau palais, de la verdure, de la place pour se mouvoir sur les trottoirs mais en contre partie un vent glacial et bien peu de petites boutiques sympas.

Bien entendu, cette appréciation est complètement subjective ! Si pour vous, petites boutiques sympas riment avec Dior, Vuiton, Gucci ... alors vous saurez où trouver protection entre deux rafales de vent. Pour les autres courez à la librairie du théâtre du Rond-Point/ Actes Sud (2 bis avenue Franklin Roosevelt 75 008 Paris. lundi 11h-18h, du mardi au vendredi 11h-21h, samedi 15h-23h, dimanche 14h-18h

 

En plus des nombreuses publications sur le théâtre, on y trouve aussi bien les grands classiques de la littérature, que les dernières parutions.

Certains livres sont étiquetés « coup de cœur » avec quelques annotations des libraires.

J'aime assez cette pratique, entre professionnalisme (le libraire n'est pas qu'un vendeur) et convivialité (comme un ami qui nous conseillerait ses dernières lectures ).

Un bon livre....

De Profundis d'Oscar Wilde

GF Flammarion

 

A l'heure des «Manifs pour tous», la lecture de cette œuvre qui date de 1897, paraît tristement d'actualité.

 

En 1895, Oscar Wilde est condamné à deux ans de prison pour «outrage aux mœurs».

Le procès, perdu d'avance, a été intenté par le marquis de Queensberry dont le jeune fils, Alfred Douglas (surnommé Bosie) était l'amant de Wilde.

Durant son incarcération, Oscar Wilde a perdu sa fortune et le droit d'écrire. Ce n'est qu'après 14 mois de prison, qu'on finit par lui octroyer le droit d'écrire une correspondance privée. Une feuille par jour, qu'on lui reprenait contre une vierge le lendemain.

L'auteur a donc eu l'idée d'écrire à son amant mais sans jamais pouvoir relire ce qu'il avait rédigé la veille.

Cet état de fait explique donc les nombreuses répétitions. On a souvent l'impression qu 'il revient inlassablement sur les épisodes marquants de son histoire d'amour avec Bosie comme si il avait la sensation de ne pas avoir tout dit la fois précédente.

De Profundis est donc une longue lettre. Lettre qui laisse percevoir à quel point la prison a malmené Oscar Wilde, mais surtout à quel point son amour déçu l'a brisé.

Wilde écrit une longue liste de récriminations- Douglas ne lui a pas écrit depuis qu'il est en prison-Douglas lui a fait dépenser des sommes folles (cadeaux, voyages, sorties...)- Douglas ne s'est pas occupé de lui, lorsqu’il était malade, alors qu'à l'inverse, lui l'a veillé durant trois jours de fièvre- Douglas s'est servi de lui comme arme dans sa haine contre son père.....

De Profundis est une très belle lettre d'un homme qui se sent trahi.

C'est cet aspect qui m'a le plus touché ainsi que la réflexion philosophique sur la liberté.

Par contre , j'avoue volontiers que toutes les considérations sur le Christ me sont passées bien largement au-dessus de la tête.

Ce livre est grave et triste mais parfois un sourire peut nous échapper lorsque Wilde parle de lui : « le seigneur du langage », « j'avais du génie », « il n'y avait rien de ce que je disais qui ne suscitât un étonnement émerveillé ».

La modestie n’était pas de mise chez notre grand dramaturge.

Une pièce de théâtre

Le portrait de Dorian Gray de Oscar Wilde,

mis en scène par Thomas Le Douarec

Avec en alternance : Arnaud Denis, Valentin de Carbonnières, Lucile Marquis, Caroline Devismes, Fabrice Scott, Thomas Le Douarec, Maxime de Toledo , Olivier Breitman.

 

Jusqu'au 30 décembre, studio des Champs-Élysées, 15 avenue Montaigne, dans le huitième arrondissement.

 

Par la magie d'un vœu, Dorian Gray conserve la grâce et la beauté de sa jeunesse. Seul, son portrait vieillira. Le jeune dandy s'adonne alors à toutes les expériences.

Spectacle particulièrement réussi !! Une mise en scène originale et rythmée. Les comédiens jouent vraiment très bien. Thomas Le Douarec a une voix et un jeu envoûtants .

Wilde disait : "Dorian Gray contient trop de moi-même, Basile est ce que je pense être, Harry ce que les gens pensent que je suis, et Dorian ce que j'aurais aimé être en d'autres temps."

Oscar Wilde a publié des pièces de théâtre, des contes, des poèmes...

Le portrait de Dorian Gray est son seul roman et par l'intermédiaire de cette adaptation théâtrale, nous sommes immergés dans les thèmes de prédilection de l'auteur : l'Art, la beauté, la jeunesse, la morale, l'hédonisme.

Pendant 1h30, on côtoie une riche réflexion philosophique, mais sans un instant s'ennuyer.

Les changements de décors se font à vue, rapidement, les répliques font mouche et le ton est d'une grande élégance.

Une pièce à ne pas rater ! Vous serez conquis par le "trop beau", Dorian Gray.

Pour discuter de la pièce....un resto

Pour aller manger, il vaut mieux passer de l'autre côté des Champs-Élysées.

Les rues se resserrent, les trottoirs rapetissent, les cafés fleurissent. Après m'être fait une frayeur en consultant la carte d'une pizzeria (17 € pour la pizza la plus basique!) j'ai préféré la terrasse ensoleillée d'un pub : 22 € entrée/plat ou plat/dessert . C'est ce que j'ai trouvé de plus raisonnable avec terrasse au calme et service agréable : O'Sullivan Irish pub, 63 avenue Franklin Roosevelt 75008 Paris
 

Si vous saturez d'Oscar Wilde ...un autre livre

Si vous saturez d'Oscar Wilde, dans un tout autre style, une toute autre époque...

"En attendant Bojangle" d' Olivier Bourdeaut, édition Finitude, 2015.

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Monsieur Bojangle » de Nina Simone.

Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Celle qui donne le ton, c'est la mère feu follet imprévisible.

Un jour pourtant, elle va trop loin. Père et fils feront tout pour éviter l'inéluctable.

Une belle histoire bien écrite.

À la lecture de toute la première partie, on est réjoui. Il est vrai que la mère du narrateur, totalement extravagante et pleine de poésie, nous charme. Certains passages font sourire avec bienveillance. Son expérience du monde du travail, qui n'a même pas duré un jour, vendeuse chez un fleuriste (elle donnait les bouquets ne pouvant pas concevoir de vendre de la poésie),  la présence d'un oiseau exotique « mademoiselle superfétatoire » en guise d'animal domestique,  les repas inattendus, un rôti au goûter ou à minuit.

Puis petit à petit, on s'achemine vers l'émotion. La deuxième partie du livre se fait plus grave. L'extravagance laisse place à la folie. Mais amour et poésie seront toujours là,  présents jusqu'à la dernière page.

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2016 par Nathalie.