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Les explorateurs

Gran Iegor

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POL, 2026


« Revenons donc en classe de seconde, au lycée Marie Curie, au début des années 1980.

La scolarité est une morne plaine….jusqu'au jour où l'un d'entre nous invente un sujet délirant : déceler dans les tics de langage et les gestes de nos profs, les traces d'une mystérieuse emprise psionique venue une autre galaxie.

Infantile et dérisoire, cette chasse fantaisiste nous entrainera bien plus loin qu'on ne l'imagine :  vers la magie de la fiction, la fragilité et la médiocrité des adultes, et les premiers vertiges de la séduction. »


Comme souvent, on s'amuse beaucoup à lire la prose de Iegor Gran. Un petit groupe de garçons va scruter paroles et gestes des professeurs du lycée cherchant les preuves de leur venue extraterrestre.


Les profs avec leur divers tics, manies ne peuvent que venir de la « planète Zugul » si souvent mentionnée par le professeur de mathématiques. En se moquant de certains de ses élèves, ce dernier ne se doute pas qu'il nourrit l'imaginaire déjà débordant des adolescents qui lui font face.


Sur une année scolaire, 1979-1980, on suit ce petit groupe fantasque avec plaisir. C'est l'occasion pour l'auteur de restituer l'ambiance d'une époque : sa mode (le sac US), sa musique (Pink Floyd), sa technologie (apparition du Walkman).


 Les traits de caractère de chacun sont croqués avec beaucoup d'humour, de la prétentieuse première de la classe au looser pas si indifférent que ça à sa médiocrité. C'est l'heure aussi des premiers émois amoureux.

Mais comment faire quand on est le fils d'un dissident de l'URSS et qu'on en pince pour une jeune exaltée qui se prend pour une révolutionnaire communiste mais qui ne connaît même pas le nom de Trosky !

S'il évite d'aborder le sujet avec la jeune Annie, c'est l'occasion pour l'auteur/narrateur de revenir sur l'existence des Goulags et de la dure répression en Union soviétique.


Iegor Gran nous offre une belle inventivité et beaucoup d'ironie. Derrière un esprit qui frise toujours la satire, son écriture est réjouissante et ses personnages, même si il les moque, sont très attachants. Parfois pointe un certain esprit «anti communiste primaire», comme ses attaques sur Prévert, celles-ci s'expliquent par l'histoire personnelle de l'auteur (voir Les services compétents).

Cette lubie de planète Zugul n’aura duré qu'une année scolaire, elle aura permis à ces jeunes de porter un regard différent sur ceux qui les entourent et peut-être même sur eux-mêmes.

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